| Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL |

Au XIXe siècle, la maladie de Rendu-Osler n'est pas identifiée. Le recensement de 1851, qui ne comporte pas moins de 11 colonnes pour différencier les Maladies et infirmités apparentes (avec une dernière colonne, Autres maladies), dénombre 5 aveugles et autant de borgnes, et même un homme de 75 ans "affligé d'une déviation de la colonne vertébrale", mais ne mentionne aucune personne, et encore moins de familles, présentant des saignements répétés.
En 1896, le Dr Henri Jules Louis Marie Rendu (1844-1902), un Français, observe à Paris, chez un homme de 52 ans, la coexistence d'une anémie avec la disposition quotidienne à saigner spontanément du nez. Le Dr Rendu décrit des petits angiomes sur la peau du visage et des télangiectasies sur les muqueuses buccales (joues, lèvres, langue, palais). Sans les avoir vus, Henri Rendu suppose l'existence d'angiomes de la cloison et des fosses nasales chez ce patient « pseudo hémophile » dont la mère et le frère présentent les mêmes symptômes.
Cinq ans plus tard, en 1901, le médecin canadien William Bart Osler (1849-1919), de l'Université John Hopkins de Baltimore, décrit de son côté l'association d'épistaxis récurrentes et de multiples télangiectasies cutanéomuqueuses ainsi que des complications viscérales : cela permet d'affirmer le caractère familial de cette maladie et de l'isoler de l'hémophile.
C'est le Dr Hanes, en 1909, qui introduira le terme "Hereditary Hemorrhagic Telangectasia" (en français "Télangiectasies Hémorragiques Héréditaires") ou plus simplement "HHT", qu'il considère plus conforme à la réalité.
Voir aussi : La maladie de Rendu-Osler dans la Vallée de la Valserine.
Publication : Ghislain Lancel. Photos et texte d'accompagnement : Michel Blanc (Coll. privée).
Première publication le 8 avril 2020. Dernière mise à jour de cette page, idem.