Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL

Recensement de 1896

 

Ce recensement ne comporte que peu d'informations, mais il est soigné, précisant parfois même si le fils est aîné ou cadet ! La population est dite de 861 habitants. La mise au propre consultée en mairie de ce recensement est datée du 1er mai 1896.

Le chiffre de la population est légèrement exagéré. On relève en effet deux doublons à Monnetier avec Marie Zélie Coudurier, dite Céline, et son second fils Joany (aux numéros 203-204 et 463/465) où l'épouse est la première fois dite sage-femme demeurant chez son père sans son mari, la seconde fois cultivatrice chez son mari avec leurs deux enfants et la famille de l'époux... Fromagère en 1881, elle redeviendra et restera sage-femme à partir de 1901.

Malgré la construction de la nouvelle Mairie-Ecole-Poste, déjà signalée au recensement précédent, la diminution marquée du nombre d'habitants se poursuit, passant pour Champfromier du maximum de 1245 en 1851 à ces 861 environ en 1896. Alain Bideau et Guy Brunet, dans leur Essai de Démographie Historique, précisent que le déclin n'est pas propre à ce village. Par exemple, pour les cinq villages de Lélex, Chézery, Forens, Champfromier et Montanges, la population totale passe de 4552 habitants en 1831 à 3215 en 1896. Pour Champfromier, la dispersion de l'habitat est grande. Le chef-lieu est bicéphale, entre l'ancien Champfromier étagé sur le versant ouest de la commune, et le nouveau quartier du Pont d'Enfer. Le recensement énumère 27 hameaux et écarts, 22 écarts comptant moins de 20 habitants mais étant toutefois peu éloignés, à moins de 4 kilomètres du chef-lieu. La Combe d'Evuaz occupe une position particulière, étant le seul hameau distant d'une dizaine de kilomètres et situé à l'ouest au delà de la barrière rocheuse qui délimite la vallée de la Valserine. Evuaz est séparé du lieu-dit par une épaisse forêt pratiquement infranchissable en hiver, offrant ainsi à ses habitants une certaine indépendance, qu'ils revendiquent, en se tournant vers La Pesse et le Jura limitrophe.

Observations et récapitulatifs du document

Les récapitulatifs de dernière page mentionnent, pour l'agglomération du chef-lieu : Pont d'Enfer 17 maisons, 38 ménages et 134 habitants (dont les 2 seuls étrangers de ce recensement), Champfromier le Bas (11, 15, 52), Champfromier le Haut (22, 25, 85) et le Bordaz (10, 11, 36), soit 60 maisons, 89 ménages et 307 habitants.

Pour les populations éparses, on relève : Communal (21, 22, 73), Monnetier (48, 52, 160), Evuaz (22, 22, 134), Le Collet (7, 8, 30), La Caserne (3, 5, 16), Sur les Prés (2, 2, 15), Le Poiset (2, 2, 12), La Serraz (1, 1, 2), La Chaudanne (1, 1, 6), Les Iles (2, 2, 7), Les Charrières (1, 1, 4), Le Réret (1, 1, 7), Le Solliet (2, 2, 7), Druger (1, 1, 5), Domplomb (1, 2, 3), Potachet (3, 4, 8), Conjocle (5, 6, 20), Moulin-Dernier (1, 1, 6), Praz-Bleu (1, 1, 7), Combette aux Morts (1, 1, 3), Chandelette (1, 1, 7), Sous Cruchon (2, 2, 6), Sous Balme (1, 2, 8), Golet de l'Achat (1, 1, 4) et Barbouillon (1, 2, 4), soit pour ces éparses (122, 146, 554) et pour le total global de la commune 183 maisons, 235 familles et 861 habitants (dont 2 étrangers).

Itinéraire du recensement

L'itinéraire retenu par le rédacteur du recensement de 1896 est, pour une fois, assez proche du précédent, celui de 1891. Le Golet de L'Achat et Barbouillon, probablement oubliés, sont placés à la fin. Et la Caserne est après le Collet, juste avant les granges éparses.

Observations complémentaires

Concernant les professions des 861 recensés, en dehors des cultivateurs évidemment omniprésents (390 hommes et femmes, sans compter les domestiques), celle qui domine concerne les 114 lapidaires, un chiffre énorme sachant qu'ils ne seront plus que 22 au recensement suivant, celui de 1906. L'effectif est essentiellement représenté par le sexe féminin, avec des personnes de moins de 30 ans, filles ou femmes, mais aussi avec des garçons ou hommes encore célibataires. Quand ce sont des femmes, le mari exerce presque toujours une autre profession, souvent douanier, mais aussi meunier, cultivateur ou autre. On relève aussi 8 aubergistes, 2 blanchisseuses, 13 douaniers en activité et deux retraités, 1 buraliste, 3 cantonniers, 1 coiffeur, 8 cordonniers, 2 cuisinières, plusieurs domestiques ou employés, un couple de fabriquants de platre, 1 facteur des Postes (et un facteur "local" à Evuaz !) ainsi qu'un employé des Postes et une receveuse, 6 fromagers ou fromagères, 1 garde-champêtre et 2 garde-forestiers, 1 horloger, 5 instituteurs, 1 journalier et deux tacherons, 1 lessiveuse, 2 maçons, 2 marchands de bois (3 personnes de direction, 5 scieurs, et 2 voituriers), 6 menuisiers, 2 modistes, 2 sage-femme, 4 tailleurs d'habits, 1 tisserand et 3 tisseurs en soie. Les 246 autres personnes, généralement des enfants, n'ont pas de profession indiquée.

On se marie très tard, aussi on relève de nombreux enfants âgés célibataires au foyer, et l'on reste en famille, souvent avec l'un au moins des parents des époux, surtout s'il est devenu veuf ou veuve.

La ferme du Golet de l'Achat semble nouvelle.

Age moyen et moyenne d'habitants par famille

A nouveau, peu de changements par rapport au précédent recensement, celui de 1891, l'âge moyen est de 32,8 ans (mais l'écart-type se resserre à 22,1 ans). Il n'y a, à nouveau, plus aucun nonagénaire recensé. Les plus anciens de la commune sont Agathe NICOLLET, cultivatrice âgée de 86 ans, vivant seule au Bordaz, et Marie MARTIN, 87 ans, doyenne, demeurant à Champfromier le haut chez son gendre Alphonse RICHEROT, cultivateur. Jean CHEVRON, 86 ans, complète le trio des plus anciens, mais il se sent toujours jeune, Marie JULLIAN, sa femme, n'a que 42 ans et ils élèvent leurs cinq enfants, dont la dernière n'a que 3 ans.

Le nombre moyen d'habitants par famille, ou par feu comme on disait sous l'Ancien Régime, est de 3,69.

Conventions pour le fichier de ce site

Les numéros d'immeubles, qui recommencent à 1 pour chaque nouveau nom de lieu, ont été remplacé par un ordre croissant, soit 193 maisons (et non 183 comme indiqué dans le récapitulatif...). Il a été procédé de même pour les numéros de ménages (soit 233, au lieu de 235).

Remerciements. Réalisé en mairie de Champfromier par Ghislain Lancel durant les années 2007/2008. Remerciement aux deux secrétaires de mairie, pour leur accueil toujours bienveillant, à Alain Bideau et Guy Brunet pour leur Essai de Démographie Historique et de génétique des populations, 2007 (en paticulier page 32). Photo : Famille Ducret-Meunier.

Première parution de cette page, le 3 juin 2009 (création le 22 janvier 2008). Dernière mise à jour le 17 mai 2010

 

<< Retour : Accueil Recensements