Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL

PHC, AG 2011 (02/04/2011)

 

Compte-rendu de séance

Samedi 2 avril, l’association Patrimoine et Histoire de Champfromier (PHC) a tenu sa première assemblée générale dans une salle de la mairie prêtée gracieusement par Monsieur Michel de Souza, maire de Champfromier.

Notre président et fondateur de l'association, Ghislain Lancel, a présenté devant un auditoire attentif composé tant de membres que d’amis de l'association, le site qu'il entretient grâce à ses propres recherches et celles de nombreuses personnes intéressées par notre village. Le site frôle le seuil des 15.000 visiteurs. L'histoire de Champfromier intéresse non seulement ses propres habitants mais aussi des personnes n’y vivant plus. Il est décomposé en plusieurs rubriques et à chacun de naviguer pour lire les différents chapitres. Le bilan financier a été présenté par la trésorière Marie-Claude Bordat. Grâce à des dons le solde est positif. Ghislain Lancel nous a ensuite parlé des dernières acquisitions du musée de la Chandelette et aimerait créer un atelier pour entretenir les nombreuses pièces fabriquées soit en bois soit en fer et ainsi les préserver des ravages du temps. Il a remercié les habitants qui ont beaucoup contribué a l'enrichissement de la collection ainsi que le responsable de la déchetterie qui récupère nombre d'objets, Ces très belles pièces trouveront une deuxième vie après de longs et laborieux services rendus à leurs propriétaires et à l'humanité car il ne faut pas oublier que le futur trouve ses racines dans le passé.

Le bureau a été renouvelé et complété avec Régine Vallet pour l’animation des visites, nouveau bureau adopté à l’unanimité des présents.

Trois nouvelles adhésions ont été enregistrées. Presque tout le monde s’est inscrit pour les deux visites de la maison privée et du château.

Deux ouvrages et l’album des cartes-postales ont été empruntés pour consultation à la maison. Trois plans napoléoniens feront l’objet d’une commande groupée.

Martine Avet, secrétaire.

 

Discours du président

Dans la salle sont présentés deux paires de plans napoléoniens et rénovés (feuilles C4 et D3), une quinzaine de publications sur les villages voisins, l’album des photos des cartes postales de Champfromier, un classeur du Livre d’or et de pièces du musée et deux chemises en chanvre.

 

Chers Amis de Champfromier, bonjour à ceux que l’on n’a pas vu cet après-midi au musée et merci à tous de votre présence à cette première AG de Patrimoine et Histoire de Champfromier, AG qui sera essentiellement une séance d’information pour tous.

Nous allons essayer de créer un groupe, physiquement présent, par des visites de maisons privées remarquables, de châteaux ou par des sorties ayant un lien avec des activités anciennes, nous y reviendrons.

Nous présenterons successivement….

 

Pourquoi cette association PHC ? Rappelons qu’elle a été publiée au JO du 4 septembre 2010 et qu’elle se veut un cadre pour le site internet et le musée. Les dons d’objets au musée devenant de plus en plus nombreux, il était devenu indispensable de bien préciser que ce n’est pas pour décorer la Chandelette mais pour qu’à terme chacun puisse en bénéficier. L’association étant créée nous pouvons maintenant délivrer un reçu pour chaque objet offert ; toutefois le donateur peut néanmoins rester anonyme.

Le site internet avait besoin aussi d’une structure permettant un travail de recherche nécessitant des achats, comme deux séries de plans de Champfromier, nécessaires à une étude des toponymes.

 

Quelques chiffres. Le site a reçu près de 15.000 visiteurs (14.951 ce matin) depuis la mise en place du compteur en octobre 2008 (2 ans ½). Il offre 96 dossiers d’accueil, et 2258 pages ou photographies. Il a été enrichi avec l’aide d’environ 160 personnes ou familles, souvent très discrètes. Les abonnés à la lettre internet du mercredi sont 104 familles (c’est évidemment gratuit, et anonymé, si vous le souhaitez, vous pourrez vous ajouter à cette liste en fin de séance), plus 6 familles de Champfromier n’ayant pas internet et recevant la version papier (on fait payer l’encre, car les photos en consomme beaucoup, on est loin d’en faire du bénéfice, ce n’est pas du tout le but…)

Pour le musée, ce sont 373 objets ou lots qui ont été offerts, provenant de 34 donateurs, presque tous locaux (y compris la déchetterie qui compte pour 1).

Enfin la toute jeune association PHC, compte une petite quarantaine de membres, tous les donateurs et quelques membres payant de soutien, très peu nombreux jusqu’à maintenant mais certains très généreux. Pour ceux qui ne l’ont pas fait, on vous invite donc à prendre aussi tout à l’heure une cotisation de soutien !

Autre chiffre, dont l’administration est friande, entre autres pour accorder des subventions, celui de l’équivalent temps passé bénévolement. Je ne crois pas mentir en disant que je passe chaque jour entre 1 et 8 heures en recherche de documents, rencontres de personnes ayant le souvenir du passé, transcription, mise sur le web, recadrage de photos, présentation des pages à paraîtres, corrections des données ou des fautes d’orthographes, disons 4 heures par jour en moyenne, soit 1460 heures annuelles, disons 1500 heures de bénévolat.

Signalons que cette association est l’une des rares à avoir des retombées positives au niveau du commerce local, de la restauration et de l’hôtellerie à Champfromier, puisque des gens se retrouvent ici grâce au site, pour faire de la généalogie, ou redécouvrir leur famille ou leur lieu de vie de jeunesse, on en a plusieurs exemples.

 

Devenir adhérent. On a voulu être très souple. On peut donc être adhérent soit en donnant chaque année un objet accepté pour le musée, soit en payant une cotisation, à partir de 1 euro, sans limite maximale. Les legs à l’association sont aussi acceptés, et même recherchés.

Par principe nous ne voulons payer aucun objet acquis par le musée. Il pourrait toutefois y avoir des exceptions, par exemple pour une carte postale exceptionnelle, une lithographie, une gravure rare mise en vente par un antiquaire, un livre ou des manuscrits rares, sachant qu’avec 20 euros, on n’a pas toujours une carte postale mise au enchères (record battu ce matin avec la fromagerie sur Delcampe à 60 euros !).... Nous avons aussi besoin d’argent pour présenter les objets du musée, acheter des produits d’entretien et de protection du bois, de quoi décaper la ferraille, avoir du bois pour refaire des pieds cassés, acheter des étagères, etc. Le volume des objets reçus par le musée devient très important, il faut donc envisager l’achat d’un local, et là il faut beaucoup d’argent, donc un legs, espérer en attendant un local provisoire.

 

Les productions du site. Le site a eu la chance de commencer très fort avec la confiance d’une famille qui disposait de photos sur plaques provenant de Marius Chapuis, opérateur des frères Lumière en Russie en 1896/97, famille qui a accepté d’en autoriser des reproductions.

Les cartes postales (188 actuellement) sont venues ensuite, puis les fichiers généalogiques et les recensements, et bien des témoignages du patrimoine (photos de classe, maisons, métiers, etc.)

Les circonstances m’ont rapidement obligé à me positionner face à des menaces sur le patrimoine au présent. J’ai donc pris la défense du Poids public et des journalistes mis en cause, naturellement je me suis opposé sans retenue au projet de carrière, et nous œuvrons maintenant contre la bunias, une plante invasive (bilan de l’efficacité et poursuite ?).

Un autre beau dossier fut celui du recensement Genolin des âmes de la paroisse en 1774, avec la contribution de l’universitaire Guy Brunet, qui avait photocopié ce recensement avant qu’il ne soit brûlé dans le jardin de la cure....

Mais le succès récent quasi unanime fut la publication en cinq épisodes du parricide de Marie-Rose Perrin en 1828 !

D’autres thèmes sont en cours (spéléo, fossiles, maisons, etc.) mais certains demandent un énorme travail en amont qui ne pourra avoir de résultats qu’à la fin : les 23 rôles de tailles (de 1686 à 1786) et les toponymes.

 

La presse et l’édition. Les contacts sont excellents avec les journaux et hebdomadaires locaux ( La Tribune) et, de manière plus inattendue, avec des publications annuelles comme avec l’Almanach Savoyard qui, de manière inattendue, était allé chercher une photo de marchand de charbon dans mon site de L’Etoile en Picardie (celui-ci de 63.000 visiteurs), et qui poursuit ses demandes chaque année. Ainsi l’Almanach des Pays de l’Ain (qui est le même groupe de presse) a publié sur 5 pages en 2010 la mort du contrebandier Vénière, et publiera en 2012 deux articles provenant du site (Café grillé, et Pourquoi les Combette n’ont pas brûlé).

 

Les associations locales. Les contacts sont nombreux, citons Patrimoine des Pays de l’Ain, en particulier pour le canton de Bellegarde, qui a trouvé dans la liste historique des lieux-dits de Champfromier (1075 entrées pour environ 400 lieux-dits) un travail déjà réalisé et bien plus complet que ce qu’ils espèrent à terme pour tous le canton, et qui l’a donc retenu pour une prochaine publication, sur la signification des toponymes de Champfromier. Citons aussi :

Village en Chœur (animé par Gilles Rivet) qui a reçu pour la décoration de ses spectacles de très beaux habits en chanvre et en a reversé les plus beaux exemplaires au musée ; et de son côté le musée fournira d’autres objets pour son prochain spectacle du 21 mai.

Les Amis des sentiers (sous l’impulsion de Jean-Pierre Bertinotti), pour un projet de circuit à Champfromier passant par le musée.

Par ailleurs, pour la fête du village, un stand PHC proposera quelques objets du musée, sur un thème à définir (des bénévoles sont sollicités pour surveiller que rien ne disparaisse pendant que des explications seront données, et démonter la tente le lendemain, car il y a une sortie dans le canton de Lochieu, sur les outils et anciennes carrières de pierre où nous souhaitons absolument assister …).

 

Remerciements. Tout ce qui a été présenté n’aurait pu se faire sans la participation bénévole de nombreuses personnes. Je remercie M. le maire pour la mise à disposition de cette salle et du vidéo projecteur. Vous êtes bien plus d’une centaine d’autres à remercier, impossible de citer tout le monde ! Faisons une exception pour les anonymes, ça n’engage personne… (pour les plaques photos et des dons d’objets), Mme Florence Baume, directrice des archives départementales pour les photocopies des plans, Mme Marie-Claude Vandembeusche pour sa participation à l’histoire locale, M. Alexandre Malgouverné, historien du Pays de Gex et de la Michaille (Histoire du Pays de Gex, en deux tomes) pour son très agréable message dans le livre d’or du site, Jean-Luc Boucher pour la communication de 587 manuscrits inédits du fonds Delaville), la famille Avet (café grillé), Françoise Coutier pour son aide aux archives de Bourg, Maurice Ducret pour ses gros bras et le transport de très gros objets du musée, Sylvain Zalivadmi pour son sourire et sa disponibilité à la déchetterie, la famille Inocentti pour son aide dans la logistique à Bourg, Hélène Chevron pour sa connaissance du passé, Eric Toiseux et Michel Blanc, pour leurs cartes postales, enfin Marie-Claude Bordat pour ses centaines d’heures passées à scanner des documents tant chez nous que chez des particuliers, et donc bien d’autres, excusez-moi de ne vous avoir pas cité…

 

L’Avenir. Nous avons vu le passé, voyons l’avenir. Concernant le site, en gros je m’en occupe mais, comme en Picardie, je verrais d’un très bon œil des dossiers travaillés par des volontaires sur des thèmes de leur choix (comme déjà pour l’Etalon Royal, les Bornettes). Je sollicite toutefois encore plus les familles pour ressortir des photos d’intérêt général sur lesquelles ont peut mettre des noms avant qu’il ne soit trop tard. De même aussi de prêter des actes notariés de plus de 100 ans (très importants pour la connaissance des lieux-dits ; j’effectue un classement, un résumé imprimé du tout, avant de les rendre). Enfin trouver un local pour le musée, du moins entreposer une partie des objets…

Concernant l’association, de nombreux bénévoles sont recherchés, certains pour entretenir les objets en bois, d’autres pour ceux en ferraille, d’autre encore pour réparer, réaliser des études technologiques, trier et classer, voire gérer le musée en entier. On recherche d’urgence un serrurier (meuble fermé sans clé…)

On peut aussi envisager des activités nouvelles, cuisine à l’ancienne, témoignage de guerre et de résistance (tant qu’il est encore temps), inventaire au GPS des ruines, des murger, technologie des vieux objets du musée et des édifices publics de Champfromier (horloge d’édifice), etc.

Une activité est déjà créée, celle des visites, qui commencera avec Régine Vallet. Je pense que ce sera l’activité humaine principale, celle qui permettra à un groupe de se constituer et de retrouver régulièrement.

Le vidéo projecteur va nous permettre d’avoir quelques propositions (soit une maison bourgeoise avec des peintures de corsaires datant des premières années de 1700, soit le château de Montanges, les lapidaires, etc.) D’autres visites sont déjà envisagées, le château de Mussel, les carrières de Plagne (des contacts sont pris, et un prolongement serait possible concernant la recherche des carrières dont les vieilles pierres de Champfromier proviennent), le cimetière de Champfromier (du moins les tombes du tour, à perpétuité), le Goupilou de Montanges, et ceux de St-Germain de Joux et Châtillon-en-Michaille, etc. Il faudrait réaliser une expo de la totalité des plans napoléoniens et rénovés (à une date à fixer, peut-être en coordination avec la sortie d’un ouvrage sur les toponymes de Champfromier, et surtout après avoir trouvé le moyen de présenter et rendre accessible une cinquantaine de grands plans). On peut aussi envisager un diaporama sur les Fleurs du haut Jura, et peut-être une conférence sur Evuaz et Champfromier ?

Concernant le site, nous aurons le plaisir d’avoir une version anglaise, par Diana et Philip, lors de la parution de la maison Chapuis.

 

Le bureau. Nous proposons pour 2011 le renouvellement du bureau de 2010, avec l’équipe d’origine Martine Avet secrétaire, Marie-Claude Bordat trésorière, et moi-même Ghislain Lancel comme président, renforcée de Régine pour les visites. Y a-t-il d’autres volontaires ? Qui est contre ? Qui s’abstient ? … Je vous remercie.

 

Pour conclure. Après le bilan financier du petit bout d’année passé, je vous proposerai quelques cheminements dans le site et les projets de visite au vidéo projecteur, afin de définir votre choix, puis nous partagerons le verre de l’amitié. L’association n’ayant pas les moyens d’étancher la soif des participants, ce pot vous est donc offert personnellement par Marie-Claude et moi-même. Vous pourrez aussi en fin de séance, prendre une cotisation (Marie-Claude), vous inscrire sur la liste des amis (moi-même), consulter deux exemplaires comparatifs de plans napoléonien et rénové, consulter quelques livres sur le patrimoine local, et surtout vous inscrire auprès de Régine pour les sorties (noms, jours de préférence, moyen de vous contacter).

Merci à tous.

Ghislain Lancel, président.

 

La séance se poursuit par une projection au vidéo-projecteur donnant des fonctionnalités très utiles mais peu connues pour se déplacer dans le site, puis par les liens de la page "Première visite". Elle s’achève par la présentation des deux visites d’une maison privée aux peintures murales de scènes de marine en méditerranée et du château de Montanges.

 

Prolongeant les discussions amicales, le verre de l’amitié est offert tandis qu’un intérêt largement partagé est porté à la consultation des plans et ouvrages exposés.

Autres photos

 

Crédit photographique : Philip Pinnel.

Première publication, le 4 avril 2011. Dernière mise à jour de cette page, idem.

 

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