| Patrimoine et Histoire de Champfromier
Par Ghislain Lancel |
Sous l'Ancien Régime, la possession de terres relevant d'un seigneur s'accompagnait de diverses taxes, dont les servis. Ceux-ci, très anciens, n'avaient pas été actualisés au cours des siècles et étaient devenus insignifiants au XVIIIe siècle. Ainsi, lors d'une vente, il n'était pas rare de voir le vendeur exprimer dans l'acte notarié qu'il ignorait le montant des servis ! Autrement dit il n'en avait jamais payé, du moins récemment...
Il est ainsi étonnant de trouver en 1744 une vente de servis à Champfromier. Le 27 juillet 1749, Maurice Ducré, laboureur à Monnetier, paroisse de Champfromier, et de son autorité Marie Tavernier sa femme, vendent à Aymé et Joseph Ducré, oncle et neveu, laboureurs dudit Monnetier, "tous les simples servis dûs au Révérend prieur et seigneur de Nantua, du fief duquel dépendent les biens ci-après désignés", à savoir une pièce de pré située rière ledit Monnetier, lieu-dit Sous le Fay, contenant environ trois quarts de seytive". Ce pré jouxte celui des Ducré-Prince des couchant et levant, et le ruisseau du "Crus de Vire (Dire ?)". Il est vendu avec un noyer et deux pesces (sapins), pour le prix de 170 livres. De plus les acquéreurs se chargeront de la taille (autre taxe, bien en usage celle-ci) à la prochaine confection des rôles. L'acte est passé au Pont d'Enfer, dans la maison de Pernette Ducré, l'original de cette copie atant été rédigé par le notaire Genolin.
Vu le prix, on imagine cependant qu'il correspond au prix de la parcelle, vendue avec les servis !
Publication : Ghislain Lancel. Source et remerciements : C. Zarucchi (Arch. privées Jean Ducret).
Première publication en 2014. Dernière mise à jour le 15 août 2022..