Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL

La tempête du 26 décembre 1846

 

En 1846 souffla une tempête qui emporta les toitures des maisons de Montanges, et dont on ressentit les effets jusqu'au château de Mussel, dont le toit s'envola lui aussi jusque dans la plaine ! Elle souffla "dans les gorges qui se trouvent, au bas de la Combe des Voix... De mémoire d'homme n’avait vu une pareille tempête." La cause n'en était pas le réchauffement climatique mais, dit-on, un météore tombée en Michaille...

La presse départementale témoigne de la violente tempête !

[Le Réveil de l'Ain] "Nouvelles locales . Samedi dernier [26 décembre 1846], le vent du nord soufflait avec une extrême violence dans les gorges qui se trouvent au bas de la Combe des-Voix [Combe d'Evuaz, hameau de Champfromier].

A Montanges, pendant les vêpres, l'ouragan de plus en plus furieux a causé de grands dommages ; les tuiles des maisons étaient jetées au loin, des arbres furent brisés ou déracinés. Les habitants effrayés se précipitèrent hors de l'église ; plusieurs d'entr'eux, pour préserver la toiture de leur habitation, avaient, à l'aide de cordages traversant le couvert de leur bâtiment, suspendu de lourdes pièces de bois ; mais malgré ces précautions, les toits furent enlevés ; plusieurs maisons sont aujourd’hui à ciel ouvert.

A St.-Germain-de-Joux, le hangar de la douane a été emporté.

A Châtillon-de-Michaille plusieurs toitures ont été également enlevées, l'une d'elles emportée avec violence est venue se briser contre l'angle d’un bâtiment, et l’a tellement ébranlé que les murs se trouvent aujourd'hui lézardés. Les vitraux de l'église ont été cassés. D'énormes noyers ont été déracinés et roulés à plusieurs mètres. Les habitants de Châtillon effrayés quittaient leur demeure et se couchaient sur le sol.

A Arloz [Arlod], les dégâts ont été considérables.

La toiture du château de Mussel [Bellegarde] a été emporté, bien au loin dans la plaine.

A Vouvray, une maison a été démolie.

Dans la plaine de Musinens plusieurs chars ont été renversés.

 

Ou attribue cette trombe à un météore qui aurait été aperçu dans la Michaille, deux jours avant l'ouragan. Après le froid excessif qui a été ressenti, le thermomètre était remonté à une haute élévation, et la foudre, après avoir grondé, est tombée sur Châtillon.

De mémoire d'homme n’avait vu une pareille tempête."

 

Le météore de la Michaille, un fragment de la comète de Biela ?

Si le lien entre météore et perturbation météorologique n'est pas démontré, par contre diverses sources du web font bien états de météores tombés en France en 1846 :

"... en 1842/1843, la comète 3D/Biela s’était fragmentée et a continué à se désagréger lors des retours de 1846 et 1852. Lorsque l’essaim météoritique a été observé en novembre de 1872 et 1885, on a supposé que ces essaims étaient les débris de cette cassure".

"Ainsi, les exemples ne manquent-ils pas d'essaims actifs dans le passé, et aujourd'hui pratiquement taris. C'est la cas, en particulier des andromédides, qui étaient associés à la comète de Biela, et avaient tendance à donner de belles averses à l'occasion des passages de leur corps parent (par exemple, celle de 1833, qui avant tant impressionné Edgar Poe). Mais quand le noyau de la comète s'est brisé en 1846, l'affaire a été pratiquement entendue. Les andromédides, débris de ce petit monde disparu, ont donné le 27 novembre 1872, un spectacle somptueux, avec des dizaines de milliers de météores à l'heure, puis ont tiré leur révérence, semble-t-il définitivement..."

 

Source : Le Réveil de l'Ain, mardi 29 décembre 1846 (n° 11, 4e année, page 2). Remerciements : Michel Salesses (Recherche sur les météores).

Première publication le 30 mai 2011. Dernière mise à jour de cette page, idem.

 

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