Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL

Coutier, pots et bacs Valserine en plastique des premiers temps

 

Mado et Olivier Monthoux ont eu une surprise un peu encombrante en octobre 1987, lorsqu'ils prirent possession de la maison qu'ils avaient achetée au fond de Conjocle, à Champfromier (Ain). Il s'agissait d'un énorme stock de pots en plastique entreposé dans leur nouvelle maison, des centaines de pots qui étaient l'une des premières créations des trois frères Coutier alors qu'ils ne travaillaient encore que dans un garage de Champfromier. "Il nous a fallu pas mal de temps pour nous en débarrasser", raconte Mado... Mais ils en ont cependant gardé quelques uns de ces pots en souvenir, et ils en ont même emporté avec eux dans leur actuelle retraite, en Suisse !

A l'époque il n'y avait pas de déchetterie. Mais tout le monde portait ses déchets à la décharge sauvage, un peu avant le pont de la route de Communal à Giron (D 48), au bord du ravin de la Sandézanne. Mais Mado culpabilisa : "Tout le talus était recouvert de ces récipients, la honte". Le soulagement ne vint que plus tard, ayant appris que nombre de Champfromérands en avaient aussi récupérés ! Et pour eux aussi, et leurs voisins les Piovano, les travaux de leurs maisons de Conjocle ne se firent pas sans les bien utiles pots Coutier !

Voici cinq des six pots de la série des récipients d'origine conservés.

Pots Coutier

Ces pots ont pour hauteurs respectives 23, 18, 15, 13 et 12 cm, et pour diamètre 25, 20, 15, 14 et 11 cm.

 

André Coutier se souvient bien de ces premiers temps difficiles. Il commente :

"Ces pots en plastique teinté avaient été conçus en tant que caches pour pot de fleur en terre. A l'automne 1973, après le premier choc pétrolier, nous nous sommes retrouvés 3 mois sans travail. Avec mes deux frères nous avons conçu des bacs à plantes à réserve d'eau et fabriqué les moules en acier nous-mêmes en travaillant 24 heures sur 24, pour terminer le plus vite possible. Dès les premiers mois de 1974 nous avons vendus ces bacs à réserve d'eau aux grandes surfaces sous la marque Valserine. Carrefour, Casino, Leclerc et Unico faisaient partie de nos clients. Comme cela marchait bien nous avons aussi fait une gamme de caches pots, ceux que vous avez en photo. En quelques années, bien que nous soyons une toute petite entreprise nous avions gagné 6 % du marché français. Mais cette activité très saisonnière, mobilisait beaucoup de capitaux et il n'était pas facile de produire ces séries lorsque c'était la saison forte. Par ailleurs, et nous ne pouvions pas contre balancer avec d'autres productions en saison faible. Lorsque nous avons pu commencer à travailler pour l'automobile (dès le début des années 80), nous avons dû faire un choix dans nos activités, très diversifiées. Pour continuer dans les bacs à plantes à réserve d'eau il aurait fallu agrandir les gammes, sans que ça résolve la problématique saisonnière. Nous avons donc finalement décidé d'abandonner cette activité pour investir à plein dans l'automobile où l'activité était beaucoup plus régulière. Nous avons vendu tous les moules à une autre entreprise qui n'a malheureusement pas réussi dans ses projets, certainement à cause de la fragilité financière. L'aventure des bacs à réserve d'eau Valserine s'est éteinte."

Ces bacs sont l'un des premiers jalons marquant l'histoire de l'entreprise MGI-Coutier. On mesurera le chemin parcouru depuis cette époque !

 

Additifs (7 avril 2021, 19h)

Pour traverser sans trop de dommages la difficile période entre 1973 et 1980, consécutive au 1er choc pétrolier de 1973, mes frères, qui venaient de lancer COUTIER S.A. en 1972, imaginèrent de créer et commercialiser des pots à réserve d'eau, qui, à la différence des bacs Riviera d'alors, n'auraient plus besoin, pour faire remonter l'eau, d'une mèche absorbante trempant dans la réserve. En effet leurs bacs aspiraient directement l'eau de la réserve grâce une carotte de terre. Un prototype ayant été fabriqué, les essais furent confiés à notre sœur Henriette épouse Vuillermoz. Ce fut concluant. Il n'y avait plus qu'à se lancer, fabriquer les moules pour toutes les tailles de pots... puis mouler... puis vendre. Pour consolider leur activité, il fallait faire connaître leurs pots. Ils s'inscrivirent à la 65e grande Foire de Paris qui se tint Porte de Versailles du 1er au 6 mai 1976. Sollicitée par mes frères, je leur réalisai alors 2 panneaux publicitaires pour habiller leur stand.

MGI 1976 MGI 1976 MGI 1976 MGI 1976

L'affiche de la foire de 1976, le stand des "Bacs Valserine" des Ets COUTIER et les deux panneaux (Françoise Coutier)

 

Publication : Ghislain Lancel. Remerciements Mado et Olivier Monthoux (Photo, réserve de Bercher), André Coutier. Additifs : Françoise Coutier.

Première publication le 7 avril 2021. Dernière mise à jour de cette page, idem.

 

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