Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL

Toiture de l'église paroissiale de Chézery (1881)

 

 

On s'imagine souvent voir aujourd'hui l'église de Chézery dans l'état où elle aurait toujours été depuis 1645. Il n'en est rien. Avant 1810 elle n'avait pas de clocher, et en 1881 une partie de ll'église était encore couverte en tavaillons !

Voici, tiré des archives du Conseil de Fabrique, une lettre de sollicitation adressée à la municipalité pour prendre en charge la pose d'ardoises sur une partie de la toiture, encore en tavaillons, et le clocher. La réponse des deux municipalités de Chézery et de Forens fut favorable.

 

Lettre du Conseil de Fabrique, du 24 avril 1881

L’an 1881 et le 24 avril, le Conseil de Fabrique réuni au presbytère ; sur la proposition de son président a reconnu l’urgence de faire recouvrir en ardoises le pan du toit de l’église (se trouvant) du côté de la place et le clocher.

Considérant :

1° Que les deux tiers de la toiture de l’église sont déjà couverts en ardoises et qu’il ne convient pas d’en laisser une partie couverte en tavaillons de sapin.

Qu’en cas d’incendie la partie couverte en tavaillons de bois sec (et) à demi pourri prendrait feu très facilement et le (se) communiquerait au reste de la toiture ; au lieu (alors) qu’une couverture complète en ardoises serait facile à garantir (peu cher à assurer) ;

3° Que les tavaillons de cette partie du toit sont à moitié fusés et qu’il n’est plus possible pour le réparer de passer par-dessus sans les briser entièrement ;

4° Que le toit du clocher a également besoin d’être renouvelé et couvert en ardoises.

5° Que le beffroi a plusieurs pièces de bois vermoulues et qui doivent être changées ou consolidées.

6° Considérant que les ressources de la Fabrique la mettent dans l’impossibilité de pourvoir à cette réparation,

Le Conseil de Fabrique a été d’avis, à l’unanimité, d’adresser copie de cette délibération et le résumé des comptes et budgets aux conseils municipaux de Chézery et de Forens pour les prier de faire examiner, par un homme de l’art (un expert), les susdites toitures et le beffroi ; de faire dresser un devis du montant de la dépense et d’aviser au moyen d’y pourvoir par les ressources des deux communes ou par un secours demandé à l’état.

Ainsi délibéré et voté à l’unanimité. Chézery le 24 avril 1881. [Signé : P. Vollerin, Monnet, Blanc, Berrod, Julliard, Neyroud, curé].

Réponse des municipalités

Le 1er janvier 1882, le Conseil de l’église paroissiale de Chézery, réuni en séance légale au presbytère, Mr le président lui a soumis les plans, devis et cahiers des charges dressés par l’architecte, Mr Gaignon, demeurant à Collonges, sur la demande des conseils municipaux de Chézery et Forens, pour réparations à faire à l’église, consistant en rejointage des murs, couvrir en ardoises le pan du toit sud de l’église et la reconstruction du clocher.

Après avoir examiné ces différentes pièces, le Conseil a été d’avis à l’unanimité d’approuver ces projets de réparation.

Ainsi délibéré et voté le jour et an ci-dessus. Chézery le 1 er janvier 1882 [Signé : Blanc, Monnet, P. Vollerin, Neyroud, Berrod].

 

Source  : AD01, Arch. paroissiales, Chézery, 1E2.

Première publication le 10 juin 2020. Dernière mise à jour, idem.

 
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