Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL

Recensements de Chézery-Forens (Ain), en 1861

 

Commune de Chézery (sans Forens)

Rappelons que c'est en 1861 qu'est édifiée la maison Deville donnant sur la Place Saint-Roland (maison 3 du recensement de 1861 pour le quartier dit de l'Abbaye), séparant ainsi un peu plus les anciens jardins de l'abbaye et la place. Le cartouche apposé au-dessus de la porte d'entrée rappelle le nom du propriétaire : "1861 Jd Ase" (Jacquinod Ambroise). A l'identique d'autres maisons de cette ancienne place abbatiale, une orientation bien différente est prise. En effet, la façade de cette maison est aménagée avec deux grandes ouvertures, délimitées par une voûte caractéristique en forme d'anse de panier, ouvrant ainsi des emplacements à des étals commerciaux (et une trace encore visible d'enseigne peinte sur le mur).

anses de panier Anse de panier Anse de panier
Quelques exemples d'anciennes ouvertures commerciales dans des maisons de la Place (et une trace d'ancienne enseigne publicitaire en rouge)

 

Le recenseur commence à nouveau son itinéraire des relevés à partir de l'actuelle Place St-Roland, et plus particulièrement par l'actuel Relai des Moines, mais il parcourra la Route de l'Eperry dans l'autre sens, vers l'extérieur. Cette place, dont les travaux étaient presque achevés au moment du recensement, est désormais pleine de l'activité des maison l'encadrant, avec principalement 31 personnes réparties en 8 familles ; celle de Joseph Gros-Fillex, toujours maire et marchand de fromage, qui emploie désormais trois domestiques, celles des familles d'un aubergiste, d'une marchande et d'une modiste, ainsi que celles d'un lieutenant des douanes et d'un préposé à ces douanes. Cette structure perdurera jusqu'en 1876.

Plusieurs familles complètent ce Quartier de l'Abbaye. Elles sont récemment arrivées de Forens, des Etrez, de Champroux ou du Grand-Essert (peut-être à la suite de constructions prolongeant celles du côté de la Route de l'abbaye). Cette place devait alors être bruyante d'activités, avec au total au moins 70 personnes de professions variées : boulanger, marchand de fromages, aubergiste, voiturier, cultivateur, garde, maréchal, douaniers avec leur famille, marchandes et modistes, instituteur et marchand de bois !

Par rapport à celui de 1856, ce recensement s'en distingue par un plus grand nombre de lieux-dits spécifiés, et par une plus grande variété de professions : 4 modistes (couturière pour femmes, souvent spécialisées dans les chapeaux), 2 tailleurs de pierre et 1 tonnelier. On compte 5 douaniers. Outre les habituels cultivateurs (168, dont une femme qui est aussi sage-femme), les domestiques (64) et les journaliers (21) ; on relève aussi des hommes exerçant leur métier dans des domaines de la transformation et de la mise en valeur des produits agricoles et de la surveillance. Ce sont des meuniers (3 personnes), fromagères (3), maréchal (1), ouvrier maréchal (1), ouvrier charron (1), marchand de bois (1), marchandes (4), gardes (2), marchands de fromage (2), voituriers (4), pêcheur (1), boucher (1), boulangers (2) et apprenti(e) (2). Au service de la construction, on relève des maçons (2), charpentiers (4) et menuisier (1). Dans le secteur de l'habillement, des loisirs, de la scolarisation, de l'administration de la vie civile et de la religion, on relève des cordonniers (3), savetier (1), couturières (3), aubergiste (5), facteur et débitant de tabac (1), instituteur (1) et institutrice (1), notaire (1), clerc (1), curé (1) et vicaire (1), cantonnier (2) et commissaire (1). D'autres encore surprennent par leur activité, ou leur non-activité : trafiquante (1), rentier, rentières ou sans profession (21).

Conformément aux instructions nationales concernant la rédaction des recensements, on relève encore environ 25 mentions de "tares" en tous domaines : une aliénée non dangereuse, et des paralytique, manchots, aveugles, estropiés ou infirmes, boiteux, bossus ou des indigents. On trouve les mendiants (2) dans la colonne "Profession", tandis que les Enfants de la Charité (1) ou en nourrice (1) se retrouvent dans la colonne "Parenté".

La répartition toponymique devient détaillée :

Quartier, village, hameau Maisons Ménages Individus Commentaires GL
Abbaye (l') 23 45 173 y compris Bellaigue et La Ménagerie
     dont Bellégue 2 3 12  
     dont la Ménagerie 1 2 12  
Balme (sous) 1 1 6  
Bossonnaxe (les) 3 6 27  
Champeroux (les) 8 12 42  
Charbonnière (la) 10 13 60  
Crêt (au) 4 4 21  
Eperry (l') 13 22 69  
Fontaine Bénite (la) 2 4 18  
Grand Essert (le) 14 19 61  
Granges (les) 7 10 36  
Hautes (les) 1 1 8  
Mentières 29 37 159  
Raffourd (le) 4 5 17  
Replats (les) 4 4 18  
Revines (les) 2 4 18 y compris le Plat de la Fontaine
     dont le Plat de la Fontaine 1 1 4  
Rivière (la) 9 12 57  
Roche (sous) 5 5 24  
Rosset 17 28 86  
Serpentouze (la) 6 8 36  
Serraz (la) 5 5 32 aussi dit Section de la Serraz
Vernex (les) 12 17 82 Vernay Dessous et Vernay Dessus
TOTAUX      179 262 1050  

 

Commune de Forens

Selon le récapitulatif, la population de 454 rencensés se décompose en 240 personnes de sexe masculin (142 garçons ou célibataires, 83 hommes mariés et 15 veufs) et 214 du sexe féminin (121 filles ou célibataires, 81 femmes mariées et 12 veuves). Les habitats se répartissent en 58 agglomérés et 396 éparses !

Quartier, village, hameau Maisons Ménages Individus
Caserne (la) 3 13 49
Closettes (les) 11 17 79
Etraits (les) 17 17 80
Forens 15 20 61
Magras 7 7 32
Noire Combe 19 24 114
Tillerey (les) 7 9 39
Totaux 79 107 454

 

 

 

 

Source : AD01 (en ligne).

Publication : Ghislain Lancel. Relevés et commentaires : Marie-Claude Bordat et Ghislain Lancel.

Première publication le 23 février 2022. Dernière mise à jour de cette page, idem.

 

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