Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL

La fruitière de Rosset, à Chézery

 

Combien de promeneurs passent-ils devant ce bâtiment, situé en bordure d'un chemin s'ouvrant à l'ouest avant l'entrée de Rosset, hameau de Chézery (Ain), sans se douter qu'il fut une fromagerie, une fruitière comme on dit ici. Voici son histoire.

 Fromagerie de Rosset
Non loin à gauche de la colonie de vacances des enfants de Sotteville-lès-Rouen (Seine Maritime), le bâtiment de l'ancienne fromagerie de Rosset (Chézery) est encore visible, avec ses ouvertures caractéristiques orientées au nord. La porcherie se trouvait devant. Le bâtiment en contre-bas est démoli. La fromagerie deviendra une extension de la colonie.

Création et débuts de la fruitière (1820/1825)

Tout commence en 1820 avec un bail de maison appartenant à Anthelme Julliard, en faveur des sociétaires de la fruitière. Ce 6 juin 1820, Anthelme Julliard, propriétaire de Rosset, passe en effet un bail sous seing privé avec Henry Michollet, Etienne Julliard, Jean-Joseph Julliard et Jean-Claude Crétin, tous propriétaires de Rosset, associés, et au nom d'autres associés qui pourraient s'y adjoindre. Ce bail de la maison du père d'Anthelme a pour objet d'établir une fruitière en gruyère, ou autre choix, moyennant quelques aménagements à faire par le bailleur (une seconde fenêtre à la cave, prévoir d'arranger le four pour y placer une chaudière, etc.), pour 6 années consécutives, à commencer au 1er février 1821, moyennant le loyer annuel de 30 francs, et la rédaction éventuelle d'un acte authentique (notarié), à la demande de l'une des parties.

En réalité, dès le 28 mai 1820, une réglementation avait été rédigée, aussi sous seing privé. Ce jour-là, les soussignés Jean-Claude Fami et Benoît Mathieu, membres et administrateurs nommés de la fruitière de Rosset, François Grossior, Philippe Gros-Sior, Antoine Gros-Gojat, Claude Fami (ne sait signer), Jean-Claude Julliard, Roland Julliard, Claude Berod, Joseph Marqui, Pierre Marqui, Louis-Thomas Gros, les sœurs Blanc de Noirecombe (ne savent signer), Claude-Ane Sage (ne sait signer), Joseph Sage (ne sait signer), Antoine Gros, Helaine (veuve) Duraffourd (ne sait signer), Julliars, veuve Duraffourd, Claude Cartant, Etienne Julliard, Henry Michollet (ne sait signer), Antelme Julliard, Jean-Claude Crétin, Jean Monet (ne sait signer), Claude Cartant fils, Jean-Marie Gros-Gojat (ne sait signer), Pierre-Joseph Duraffourd, François Julliard, la veuve Vuailliat (ne sait signer) et Claude Blanc (et Etienne Julliard, qui est dit ne savoir signer), tous associés, et François-Regis Bourbon, fruitier originaire de St-Claude ont convenu :

art. 1. Il est établi une fruitière où chacun a le droit d'y porter son lait pour être converti en fromage de gruyère ;

art. 2 et 3. Le lait sera apporté sans attendre ; celui d'une vache ayant vêlé que 8 jours après ; il est défendu de garder du lait pour faire du beurre chez soi, sous peine d'amende ;

art. 4 et 5. Il est interdit d'apporter du lait mal propre, ou d'ajouter de l'eau, sous peine de lourde amende, voire d'être chassé de la société ;

art. 6. Est nommé, pour faire la vérification du lait, Antoine Gros-Gojat, avec l'éprouvette, pour s'assurer que personne n'y met de l'eau ;

art. 7. Nul ne peut cesser d'apporter du lait ;

art. 8 à 11. Le fruitier aura la conduite des fromages, et remettra toujours le fromage à celui qui aura le plus de lait, et lui remettra la clef du cellier ; il marquera les fromages qui entreront au grenier, et n'en laissera sortir aucun sans la permission du comité ; le fermier ne pourra s'absenter, ou se fera remplacer ; il soignera et salera tous les fromages et payera tous ceux qui se seront gâtés par sa faute ;

art. 12 et 13. Sont nommés membres du comité, pour le respect des articles ci-dessus, Jean-Claude Fami et Benoit Mathieu ; le sieur Crétin sera secrétaire ;

art. 15. Les fromages doivent être vendus en stock à un seul marchand, pour le bien de la société.

Le papier est signé de ceux qui ne sont pas illettrés (une douzaine de personnes).

Une feuille de compte, sans date, est celle de l'acquisition de la chaudière (215,10 francs). Elle mentionne les acomptes versés par chacun (au total 173,50 francs), en fonction de son nombre de vaches (de une à cinq). En plus de la chaudière, on liste quelques frais (18 francs de salaire pour le secrétaire, 6 francs pour le lit du fruitier, etc.). Voici la liste, un peu différente de la précédente, avec le nombre de vache de chacun : Antoine Grossiors (3) ; Etienne Julliard (5) ; Philippe Gros (2) ; Anthelme Julliard (5) ; Marguerite Grenaz (1) ; François Julliard (1) ; Crétin (2) ; Claude Cartant (2) ; Henry Michollet (5) ; Jean-Joseph Julliard (3) ; Benoit Mathieu (5) ; Jullien Cuzin (2) ; Josephte Fami (1) ; Joseph Sage (2) ; Monet (1) ; Jean-Claude Julliard (1) ; Berrod (4) ; Cartant fils (1) ; Claude-Ane Sage (2) ; Claude Blanc (1) ; Jean-Marie Gros (1) ; la veuve Vuaillat (1) ; Antoine Gros-Gojat (2) et Roland Cary (1). Au dos du document sont ajoutés 8 noms, de "ceux qui ne font pas partie de la fruitière" (mais que l'on avait vus sur la toute première liste) : la veuve Duraffourd ; Thomas Gros : François Grossiors ; Joseph Marqui ; Pierre Marqui ; Roland Julliard ; la veuve Heleine et Pierre Duraffourd.

Le 7 février 1823, une nouvelle liste, de désormais 30 membres, est produite par le secrétaire (qui signe Crétin, et contresigne Phillip Gro Gojat), pour un total de 84 vaches, et dit-on, une quarantaine de chèvres qui font au moins la valeur de 20 vaches. En l'espace d'une ou deux années il semble que la certitude de la revente des fromages ait encouragé les associés à augmenter leur cheptel. On voit un propriétaire ayant 9 vaches : Louis-Thomas Gros (2 vaches) ; Claude Berrod (9) ; Benoit Mathieu (6) ; Roland Julliard (1) ; Sauveur Marqui (3) ; Philippe Gros (3) ; Antoine Gros-Gojat (2) ; François Gros-Gojat (2) ; Marguerite Grenaz (1) ; la veuve Famy (2) ; Claude Famy (2) ; Jullien Cuzin (2) ; Jean-Claude Julliard (1) ; Claude-Antoine Sage (2) ; Joseph Sage (3) ; Antoine Grossiord (4) ; Anthelme Julliard (5) ; Crétin (5) ; Monet (1) ; Roland Cary (1) ; Jean-Marie Gros (1) ; Pierre Duraffourd (3) ; François Julliard (1) ; Claude Blanc (1) ; Etienne Julliard (6) ; Henry Michollet (6) ; Claude Cartant (2) ; Valentin Julliard (3) ; Jean-Joseph Julliard (4) et Pierre Marqui (3).

On dispose aussi d'un contrat de vente des fromages, toujours sous seing privé, pour l'année 1824. Le 6 septembre 1824, entre Jean Julliard et Claude Sage fils et se portant fort de Joseph Sage, membre et chef de la fruitière de Rosset, d'une part, Benoit Mathieu et Anthelme Julliard, membres de la même fruitière et acquéreurs de ladite fruitière (acheteurs des fromages) d'autre part, il a été convenu que tous les fromages qui se fabriqueront jusqu'au 11 novembre et qui seront pesés les 5 septembre, 11 octobre et 11 novembre pour le prix de 73 francs (?!) par "kilo métrique (kilogramme, nouvelle unité métrique)", qui seront payés par lesdits Mathieu et Julliard avec un acompte à 30 francs et le solde payable 20 jours après les deux premières pesées et au 15 janvier 1825 pour la troisième.

Une nouvelle génération de producteurs de lait (1860)

Par un papier du 20 janvier 1860, on observe qu'une nouvelle génération de membres de la fruitière a remplacé la précédente. En témoigne les très nombreuses mentions d'héritiers. Il s'agit d'une "vente", confuse (rédigée avec orthographe quasi phonétique...), où chacun reçoit une part proportionnelle à son nombre de vaches, au taux de 1,70 franc par vache : Grossieur Antoine, les héritiers (3 vaches, soit 5,10 francs) ; Julliard Equen, les héritiers (5) ; Gros-Gojat Philipe, les héritiers (2) ; Julliard Antheme (5) ; Grena Margerite, les héritiers (1) ; Julliard Françoit, les héritiers (1) ; Crétin Jennclaude, les héritiers (2) ; Cartan Claude, les héritiers (2) ; Micholet, les héritiers (5) ; Julliard Jenjorpe, les héritiers (3) ; Mathieu Benoît, les héritiers (5) ; Famite Josete, les héritiers (1) ; Sage Josephe, les héritiers (2) ; Monet Jean, les héritiers (1) ; Julliard Jenclaud, le héritier (1) ; Berrod Claud, les héritiers (4) ; Sage Clodantione, les héritiers (2) ; Blan Claud Rochau, les héritiers (1) ; Gro Jean-Mari, les héritiers (1) ; Vualiat, veuve, les héritiers (1) ; Grogojat Antine, les héritiers (2) ; Cari Roture (Roland ?), les héritiers (1) ; Cartan fils (1) ; Qusun (Cuzin) Jeullien, les héritiers (2) ; Marqui Françoit, les héritiers (2).

Une nouvelle fromagerie en 1897

Un document du 19 mars 1897 est conservé par la famille d'Alain Mathieu. Il fait état d'une commission exécutive (de la troisième génération), présidée par Arcène Mathieu, qui travaillera avec le professeur de fromagerie de Collonges et avec M. Tournier, architecte de Champfromier (qui produit un plan avec devis). Un chalet de fromagerie sera construit sur la propriété de Cyrile Julliard, au lieu-dit Rosset d'en Bas, ou Maison Brûlée, près du chemin. Cette commission surveillera le chantier, et elle cessera le jour où commencera la fabrication du fromage. On compte alors 27 sociétaires, dont Arsène Mathieu, Julien Berrod et Camille Mathieu, tous de la Fontaine-Bénite, ainsi que Achille Mathieu et Hyppolite Marquis de Rosset.

Un brouillon daté de 1898 traite du même sujet. Ont comparu MM. Joseph Blanc, Camille Mathieu, Henri Blanc, Eugène Blanc, Arcile (Arsène) Mathieu, Alphonse Benoit-Godet, Alphonse Soillat, Hippolyte Marquis, Joseph Blanc, Edouard Coutier, Célestin Blanc, Hippolyte Genolin, Melle Antoinette Julliard, Melle Antoinette Blanc, Madame Herminie Gay veuve de Mr Alfred Duraffourd, Melle Marie Julliard fille de Bernardin ; Mme Françoise Julliard veuve de Mr Bernardin Julliard, Mr Honoré Marquis, Mr Francisque Julliard, Madame Philomène Sage épouse assistée et autorisée de Me François Bourgeat, tous agriculteurs propriétaires indivis de la fromagerie et demeurant en la commune de Chézery, Mr Jean Judas employé des douanes et de lui assistée et autorisée Madame Léontine Marquis son épouse demeurant ensemble aux Cressonnières (près de La Cure) dans la commune des Rousses au Jura, Madame Louise Julliard épouse de Mr Jean Jacquin employé avec lequel elle demeure à Chêne près de Genève, lesquels constituent pour leurs mandataires MM. Arsène Mathieu, Antoine Julliard, Cyrille Julliard, Joseph Julliard, Auguste Famy, Alphonse Marquis et Jullien Berrod, pour emprunter une somme principale, hypothéquer pour garantir cet emprunt tous les bâtiments servant à l'exploitation de cette fromagerie, notamment une maison d'habitation et à usage de fromagerie, un autre bâtiment à usage de porcherie, avec le matériel, le tout situé audit Rosset. L'emprunt est destiné au paiement des entrepreneur, architecte et ouvriers, ainsi qu'à l'achat de meubles et ustensiles.

Cette fruitière, dont les anciens gardent un très bon souvenir, resta en fonction jusque vers 1955/56 avec André Gros (décédé en 2019) pour dernier fromager. Les membres durent alors s'organiser pour que leur lait soit porté à la fromagerie de La Rivière. Chacun, ayant une bouille à lait numérotée, continua à la porter à Rosset. Et là René Gros-Carret, après avoir pesé le lait sur place et porté cette quantité sur le carnet de chacun, emportait l'ensemble des bouilles dans la remorque de sa voiture. A La Rivière, la fromagerie était plus grande, mais on continua comme toujours à ne produire que le "Bleu", un essai de production de comté n'ayant pas connu le succès. Le fromager était un Mathieu de Menthières, qu'avait rejoint André Gros. Plus tard ce dernier fut aussi à la nouvelle fromagerie, l'actuelle, installée à Chézery, toutes les autres ayant fermé.

Dans le carnet, était consigné le montant correspondant à la quantité du lait porté chaque jour. Inversement, déduction était faite des achats personnels en beurre et fromage.

Les carnets de lait

carnet de lait

Carnet de lait de 1928, avec son buvard

Les carnets de lait de Rosset, en forme de petit agenda, furent toujours imprimés par Lucien Michaux (Bellegarde). Chaque sociétaire en recevait un chaque année. La première page reportait le début du réglement, dont la fin se lisait à la dernière page : deux traites par jour, des ustensiles propres, les sanctions en cas de fraude. Pour chaque mois, deux pages sont généralement séparées par une page de buvard rose. La première enregistre les quantités de lait déposées chaque jour, le matin et le soir. La seconde porte les achats faits à la fromagerie, du beurre et/ou du fromage (du gruyère en 1905, du gruyère et du bleu en 1931, du comté en 1991 dans la nouvelle fromagerie). En 1905, un récapitulatif placé en fin du livret mentionnait un total de 2.200,8 kg (ou litres) de lait livrés, revenant à un prix de 252,95 francs, mais amputé des 136,75 francs de marchandises livrées...

Un récapitulatif agricole avant les années 1950

Un papier inséré dans un livret (attribué à Mme Marcelle Jacquinod ou Mme Geneviève Fioretti) résume la fin des petites fromageries de la commune. "Les fromageries de Forens, Grand-Essert, Rosset et La Rivière, ont toutes fermé entre 1950 et 1967. Il reste la fromagerie de Chézery (l'ancienne, aussi rue de Confort) qui regroupe, en 1990, le lait de 9 sociétaires : de Chézery, 3 de Lélex, 3 de Champfromier, 2 ou 3 de Montanges, et 1 à Confort.

Sur 43 exploitations (agricoles) dans les années 1960/1970, quinze sont encore exploitées par leur propriétaire, dont 3 uniquement pour l'élevage ; 19 produisent du lait tandis que les 27 autres sont louées. C'est durant la période 1960/1970 qu'il y a eu le plus d'exploitants qui ont arrêté. Les causes en sont : "une surface trop petite ; difficile et cher de se moderniser. Les jeunes ont quitté le pays ; les parents ne continuent que jusqu'à la retraite, avec l'aide de voisins, ou de jeunes pendant leurs congés."

Avant 1950 il y avait encore 57 exploitations, par des paysans ayant de 2 à 5 vaches ; une douzaine de gros paysans avait 6 à 8 vaches laitières, plus 2 ou 3 en élevage (pour la boucherie ?). Chacun cultivait son petit lopin de terre, labourait pour les pommes de terre, qui étaient la nourriture de base. On semait de l'orge et du blé pour faire le pain. Chaque ferme avait son four. On faisait 8 à 10/12 pains, qui étaient mangés jusqu'au dernier "grognet". C'était les champs du bas (les terres planes de basse altitude) qui étaient labourés, un peu moins en côte. Et pour compenser, chacun allait faner dans la montagne des prés communaux. Souvent deux paysans fanaient les mêmes champs, chacun prenant deux ou trois fagots. On fanait à Cinq Chalets, aux Ravières, au Plat de la Fontaine, à la Serra, au Charbon, derrière les Etrés, à l'Arête et à Les Bellis. Les hommes partaient très tôt le matin, avec le traîneau, les cordes, et la musette avec le casse-croûte. Les femmes, ou les plus grands enfants, 10/12 ans, partaient à 10 heures pour "désendeller" (éparpiller les andins de la veille pour que le soleil sèche le foin), montaient aussi traîneaux, cordes, râteaux et casse-croutes de midi (œufs à la coque, salade de pomme de terre, pain, fromage). On mangeait à l'ombre d'un buisson, ou dans le chalet (la chalet d'altitude, sans cheminée, pour que l'hiver les eaux des intempéries ne pénètrent pas). L'après-midi, on rentrait le foin (sec) au chalet. (Et s'il n'y en avait pas) on le mettait en meule. Le foin était alors descendu l'hiver, en traineau, s'il n'y avait pas trop de neige, ou au printemps (pour nourrir les vaches à l'étable, avant qu'elles puissent ressortir). Et le soir on redescendait avec un ou deux fagots."

Au dos il y a une liste dite "Exploitations" dans les années 1960/1970, revue et corrigée dans les années 1972, liste en réalité composée des anciens sociétaires, avec le nombre de fils puis de filles (supposés pouvoir poursuivre l'exploitation familiale), les années où les parents furent actifs, puis ce que sont devenus professionnellement ces enfants, du moins les fils, confirmant que rares sont ceux qui sont restés à la ferme ! Voici cette liste (mise dans l'ordre alphabétique) :

Ballet Albert  ; 1 (fils) ; 6  (filles) ; 1946-69  ; reste 0 (enfants à l a ferme) : boulanger, hôtellerie, infirmier
Blanc Ernest  ; 0  ; 3  ; 1957-64  ; reste 0
Blanc Gabriel  ; 3  ; 0  ; reste 0 : fin vers 1966-68
Blanc Jean  ; célibataire  ; a arrêté en 1988
Blanc Laurent  ; 1  ; 1  ; 1948-53  ; reste 0
Blanc Omer  ; 3  ; 0  ; 1930-42  ; reste 0 : fromagers, chauffeurs
Blanc Rémy  ; 2  ; 3  ; 1947-59  ; reste 1 : à la ferme, maçon
Blanc Rose et Claire ; célibataires
Blome Ernest  ; 1  ; 1  ; 1948-50  ; reste 0
Burdairon Georges  ; 2  ; 1  ; 1947-53  ; reste 0 : électroménager (secrétaire)
Cartand Alfred  ; 0  ; 2  ; 1946-50  ; reste 0
Cartant Lucas  ; 2  ; 2  ; 1934-43  ; reste 0 : PT, chauffeur
Coutier Aimé  ; 1  ; 2  ; 1939-43  ; reste 0 : PT, hôtelière
Coutier Fernand  ; 4  ; 1  ; 1940-50  ; reste 1 ? : (ferme ?), cantonnier, fromager, hôtelier
Coutier René  ; 4  ; 2  ; 1944-54  ; reste 1 ? : bucheron, SNCF, boucher, secrétaire
Duraffourd André  ; 0  ; 2  ; 1950-55  ; reste 0
Duraffourd François  ; 3  ; 2  ; 1958-66  ; reste 1 : à la ferme, célibataire  ; cantonnier
Duraffourd Laurent  ; 2  ; 2  ; 1958-64  ; reste 0 : ébéniste, enseignant
Duraffourd Léon  ; 0  ; 2  ; 1953-55  ; reste 0
Duraffourd Roger  ; 1  ; 4  ; 1950-64  ; reste 0
Famy Gustave  ; 0  ; 0
Famy Gustave, du Fond des Prés  ; 0  ; 0  ; reste 0 : fin vers 1966-68
Grandclement Louis  ; 1  ; 3  ; 1928-40  ; reste 0
Grenard Anatole et Marthe Sala, de Sous-Roche, aux Iles  ; reste 0 : tous partis dans les années 1960
Groscarret Hermann  ; 3  ; 3  ; 1931-40  ; reste 2 fils maçons
Grosfillet Roland  ; 2  ; 0  ; 1955-57  ; reste 1 : à la ferme, célibataire
Jacquinod Gabriel  ; 2  ; 3  ; 1952-68  ; reste 0 : cantonnier, charpentier
Juillard Alexandre et Marius  ; reste 0 : reste 0 : fin à leurs décès en 1957
Juillard Henri  ; 4  ; 8  ; 1952-73  ; reste 2 : fils à la ferme
Mathieu Cécile  ; 3  ; 1  ; 1953-63  ; reste 0 : fromager, PT, charpentier
Mathieu Henri de la Fontaine Bénite  ; 2  ; 2  ; 1947-62  ; reste 0 : PT, cantonnier, secrétaire
Mathieu Laurent et Louis  ; 1  ; 0  ; 1960  ; reste 0 ? : SNCF
Mermillon Alfred  ; 1  ; 2  ; 1943-55  ; reste 1 : fils à la ferme avec 3 enfants
Mermillon Edouard  ; 2  ; 1  ; 1938-43  ; reste 1 : à la ferme, PT
Moine Henri, de La Vénière  ; 3  ; 1  ; reste 1 : à la ferme, célibataire
Moine Jean  ; célibataire  ; a arrêté en 1988
Moine Marius  ; 1  ; 4  ; 1947-65  ; reste 0 : tous dans l'enseignement
Monnet Léon  ; 0  ; 0  ; reste 1 : neveu
Monnet Paul  ; 1  ; 3  ; 1963-70  ; reste 1 ?
Pochet Clément  ; 3  ; 3  ; 1934-55  ; reste 1 : (à la ferme ?), employé Celebenne
Prost Henri  ; 2  ; 1  ; 1952-57  ; reste 0 : génie civil, enseignant
Prost Robert  ; 4  ; 1  ; 1938-49  ; reste 0 : SNCF, EDF, magasinier
Rinaldi Charles, de Noire Combe  ; 4  ; 1  ; reste 0 : tous partis à St-Jean (de Gonville) en 1971-72

 

Quelques fromagers de Rosset

Les recensements de Chézery mentionnent un assez grand nombre de fromagers, ou fromagères, mais on n'en trouve que peu de mentions à Rosset. Les voici :

1876 - Rosset : n° 1/1/2 Vuillerme Sylvie, femme Blanc Joseph cultivateur [Recensement en ligne, vue 8] ;

1886 - Rosset : n° 14/17/67 Gerbier Emile (47 ans) fromager [Recensement en ligne, vue 8] ;

1896 - Rosset : n° 7/7/24 Vuillerme Sabine (68 ans) et n° 20/20/67 Vuillerme Sylvie (54 ans) [Recensement en ligne, vues 8 et 9].

1928. Mme Rendu [Carnet de lait d'Ernest Carry].

La nouvelle fromagerie de Chézery (1994)

L'actuelle fromagerie de Chézery-Forens, située non loin de l'ancienne, date de 1994. Un "Sivom des trois villages" avait été créé, avec M. Raymond MATHIEU pour président. Le 15 juin 1994 avait lieu une réunion de travail concernant sa construction, le SIVOM ayant la maîtrise d'ouvrage. Le financement du bâtiment est assuré par six subventions (750.000 francs par le département, 750.000 francs par le FIDAR, 750.000 francs par la Région, 1.200.000 francs par le Fonds de Compensation, 300.000 francs par l'Union Européenne et 150.000 francs par le Bassin Bellegardien). Le financement du matériel est à la charge de la coopérative (1.550.000 francs), par diverses primes et aides, dont la Région (500.000 francs), l'état et de département, le PDR et l'agence de l'eau, et l'autofinancement qui résultera des ventes des immeubles (anciennes fromageries) de Champfromier (150.000 francs) et de Chézery (190.000 francs) qui seront proposés aux deux communes. Le terrain sera acheté. Une station d'épuration sera construite, avec l'espoir de subventions.

 

 

Publication : Ghislain Lancel. Remerciements : Michel Blanc (documents manuscrits) ; Alain Mathieu (Création en 1797) ; Marcelle Jacquinod (carnets de lait).

Première publication le 29 septembre 2019. Dernière mise à jour de cette page, idem.

 

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