| Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL |
La famille Ballivet est encore présente de nos jours à Chézery, et à Champfromier, village voisin. En 1608 elle était représentée à Chézery par cinq hommes, Pierre, Etienne, Guichard, Nicolas et Louis Ballivet, qui étaient certainement des frères ou des cousins, cités suivant l'ancienneté de leur implantation en ce lieu. Ceux-ci avaient produit des reconnaissances au seigneur-abbé pour des terres situées dans le regroupement du Crêt et de la Serpentouze, au sud de la commune actuelle. Plus tard, d'autres membres sont attestés pour avoir été établis au Crêt, et à Sous-Roche, voire à Champroux ou à Menthières. Des femmes Ballivet épousent des hommes du Grand Essert ou de La Rivière.
L'abbaye de Chézery ne manqua pas d'avoir des transactions avec des Ballivet, pour des baux, la réception de droits ou des condamnations. Entre 1579 et la fin de l'année 1581, Claude [CI-7188], fils de feu Roland Balivet du Crêt (de Chézery) confesse devoir à l'abbé 68 florins, au nom de Pierre et Jehan, fils de feu Francoys Veyniere, pour reste de plus grande somme, où intervient l'achat d'une jument.
En 1610, Roland Ballivet possédait un pré situé non loin du Nant Sec.
En 1670 la grange de la Côte, à Lancrans, est amodiée par l'abbaye à Anthoine Ballivet de Confort, pour 62 coupes de froment (délivrées en prébendes), 8 paires de poulets et 4 chapons. Bien que se plaignant de ce que la "maison est en un état si pitoyable que le grangier ne peut habiter dedans, ni y réduire (engranger) la prise à présent pendante par la racine (foins et blés murs), à cause de la pluie qui tombe par tout le couvert", Antoine était encore fermier en 1680.
En 1675, la sépulture de la Rollande (Burdet) [CI-4228], femme de Pierre Ballivet (du Crêt), décédée le 20 octobre 1675, soumet cette famille aisée à un droit de "vache de sépulture" en faveur du seigneur-abbé, mais celui-ci est négocié à 10 livres.
En 1782, plusieurs individus, dont un Ballivet, sont condamnés à une peine, dite modérée, pour avoir vendu à divers particuliers, plusieurs fois en 1782, du vin débité à la petite mesure, alors que c'est un droit exclusif des religieux [3E17081b, f° 79].
Source pour l'abbaye : Ghislain Lancel, L'abbaye de Chézery, p. 46, 140, 193, 308, 360 et 363.
Publication : Ghislain Lancel
Première publication le 24 février 2021. Dernière mise à jour de cette page, idem.