| Patrimoine et Histoire de Champfromier, par Ghislain LANCEL |
La section de ligne de chemin de fer de La Cluse à Bellegarde-sur-Valserine (Ain), en passant par Châtillon-en-Michaille (Ain), fut mise en service le 1er avril 1882. Mais cette section fut fermée en 1990. Toutefois la ligne sera rénovée pour le passage du TGV, et les premiers TGV passent à Châtillon à partir de la fin de l'année 2010.
Sur le territoire de Châtillon en Michaille la ligne traversait quatre routes ou chemins. Il fut donc nécessaire de construire quatre maisons de gardes-barrières, et d'y loger le personnel. Les recensements de Châtillon les mentionnent dès 1881 et jusqu'en 1946, relevant généralement, parfois confusément (il y a parfois 2 gardes-barrières au même endroit, à La Crotte, mais les lieux-dits sont parfois erronés), quatre postes. Les gardes-barrières sont généralement des femmes dont le mari travaille aussi pour la même compagnie de chemin de fer, en tant que poseur (de rails). Ces personnes et leurs jeunes enfants ne sont que rarement natives de Châtillon, et ne sont souvent recensées qu'une seule fois en cette localité. Deux exceptions : Louise Girel, épouse d'Antoine Marbeau, qui est garde-barrière à la gare, recensée 4 fois, en 1906, 1911, 1921 et 126, et Ferdinand Berthozat, recensé trois fois à Tacon de 1901 à 1911. A partir de 1901 l'employeur (patron) est spécifié comme étant le P.L.M.
Au recensement de 1881, il n'est encore pas fait mention d'un chef de gare (mais la gare n'est pas encore construite !) Ils sont par contre bien présents de 1886 jusqu'en 1931 ; puis on relève un "chef de station" en 1946.
En 1881, les gardes-barrières sont : Anthelmette Thomasset, 29 ans, femme Briffoud, à Craz ; Célestin Volerin, 24 ans, natif de Lancrans, à la gare ; Victor Violy, 26 ans, à La Crotte ; et Pierre Beudin, 26 ans, à Tacon-le-Haut.
En 1886, on relève à nouveau Célestin Volerin (38 ans) à la gare ; Jeanne Lavenir, 41 ans, épouse de François Merlin, brigadier poseur ; Joséphine Picard (32 ans, épouse de François Guillot, poseur de rails) à La Crotte/1 ; Marie Lagnieux (29 ans, épouse Louis Courajoud, poseur de rails) aussi à La Crotte/2 ; et Célestine Juilleron (30 ans, native de Cuisiat, femme de Félix Larguet, poseur de rails) à Tacon le Haut.
Les registres de propriété de Châtillon ont enregistré 4 pages de possessions, aux noms successifs du (Domaine public de) La Compagnie du Chemin de fer des Dombes, puis du PLM. On y relève 4 maisons de gardes(-barrières), la première construite en 1885 (comme la gare) sur la vaste parcelle B 1567 du Bois communal de Coz, aménagée en 1895. La deuxième, à la Crotte, elle aussi construite en 1885 sur une vaste parcelle B 1388 de La Crotte (modifiée aussi en 1895). La troisième se trouvait au lieu-dit Au Verger (B 1231, Tacon le Haut), également construite en 1885. La quatrième était à Craz (A 488, aussi une grande parcelle).
Depuis sa construction, plusieurs cartes postales avaient pris pour thème la gare. Accessoirement, elles montraient aussi la maison du garde, et le passage où le chemin agricole tortueux reliant Châtillon au bas de Montanges, croise perpendiculairement la voie ferrée. On ne semble pas voir de barrières. Pourtant une loi française de 1846 imposait que « tout chemin de fer soit clos » et que, là où les voies croisent les routes à niveau, des barrières soient établies et tenues fermées. À partir des années 1980, les passages à niveau ont été progressivement automatisés, remplaçant les gardiens par des systèmes mécaniques ou électroniques.

Deux cartes postales ont immortalisé juste à temps la maison de la garde-barrière de la Crotte.
Source : AD01, 3P723 (1882-1911), cases 243-244, 257 et 277 - Recensements qui étaient en réserve aux AD 01 (ressortis à ma demande) - Cartes postales.
Publication : Ghislain Lancel.
Première publication le 10 décembre 2025. Dernière mise à jour de cette page, idem.